Cérémonie, Citoyenneté, Communiqués officiels, Vie municipale : Meilleurs Vœux 2026 !

Le maire de Marmande, Joël Hocquelet, et le conseil municipal de Marmande vous souhaitent leurs meilleurs vœux 2026.

Publié le – Mis à jour le

Discours du Maire, Joël Hocquelet, pour les Vœux à la population du 15 janvier 2026

Monsieur le Sénateur,
Madame la Présidente du Conseil Départemental,
Madame la Vice-présidente de la Région Nouvelle Aquitaine
Madame la conseillère départementale de Marmande
Monsieur le Président de Val de Garonne agglomération
Mes chers collègues maires de communes environnantes
Mes chers collègues élus de Marmande
Mesdames, Messieurs, du monde associatif sportif, culturel, social, du monde économique
Mesdames et messieurs les autorités des corps constitués, Gendarmerie, service d’incendie et de secours
Messieurs les représentants des cultes,
Mesdames messieurs chers Amis

Je vous remercie sincèrement d’avoir répondu à notre invitation et d’être présents ce soir. Votre présence témoigne de l’attention portée à notre commune et, plus largement, à l’action publique locale, qui demeure un pilier essentiel de la cohésion républicaine.

Permettez moi tout d’abord, au nom du conseil municipal et de l’ensemble des agents de la collectivité, de vous adresser nos voeux les plus chaleureux pour cette nouvelle année. Des voeux de santé, bien sûr, mais aussi des voeux d’engagement, de coopération et de lucidité face aux défis qui s’imposent à nous collectivement.

Cette rencontre au moment des voeux est l’occasion de parler de notre ville, Marmande. Vous le savez nous sommes en période pré-électorale, les élections municipales sont dans 9 semaines, et dans ce temps-là la parole du maire est contrainte. Je parlerai donc seulement du bilan des actions menées en 2025. C’est une période de réserve pour le Sous-préfet explique son absence ce soir et je l’excuse donc.

Le bilan 2025 que je vais évoquer n’est pas exhaustif
L’année écoulée a été marquée par une action municipale constante, guidée par un souci d’efficacité, de proximité et de responsabilité. Avec constamment le souci du quotidien des Marmandais. Malgré un contexte contraint, notre commune a poursuivi ses investissements, maintenu la qualité des services publics et accompagné les projets structurants qui façonnent le quotidien de nos administrés.

Qu’il s’agisse de services à la population, aménagement, transition, solidarité, nous avons tenu le cap fixé : celui d’une action publique utile, pragmatique et tournée vers l’intérêt général. Ce bilan est le fruit d’un travail collectif, mené avec les élus, les services municipaux et l’ensemble de nos partenaires institutionnels. Le tout en gardant des finances saines.

Marmande a investi durablement pour réduire ses consommations et améliorer le confort des usagers.

  • Rénovation énergétique du conservatoire
  • Rénovation énergétique des écoles Herriot (2e tranche)
  • Création d’une centrale photovoltaïque au CTM
  • Poursuite de la modernisation et sécurité des équipements : mise en conformité légionellose des gymnases Martinot, Ladevèze, Dartialh et Michelon (travail en régie)
  • Etude d’un club-house USMA
  • Rénovation globale de la rue du Stade
  • On a lancé la réfection des rues Sauvin, Cazeaux, Monnereau
  • Rénovation de la cour Jean Jaurès
  • Rénovation du cloître
  • Mise en valeur du jardin des Sources
  • a aussi été lancée, la création de la Rando-Coteaux

Nous avons voulu une collectivité mieux organisée, plus réactive et plus efficace au service des habitants

  • Renforcement du bureau d’études
  • Montée en compétence interne pour piloter les projets en régie

À Marmande, les citoyens ne sont pas spectateurs : ils sont acteurs des projets municipaux.

  • Je citerai
    • Jardins familiaux
    • Kiosque de Maré
  • Hackathon citoyen : La Promenade verte
  • Accueil des nouveaux Marmandais
  • Rencontres dans les quartiers
  • Faciliter les échanges avec les habitants :
    • Permanence du marché
    • Numéro vert
    • Application Marmande & Moi
  • Journées intergénérationnelles
  • Mise en place des actions portées par les conseils :
    • Vidéo harcèlement scolaire
    • Journée sportive familles
    • Banc du partage
    • Fresques dans les écoles

La culture à Marmande est vivante et profondément ancrée dans la vie de notre cité.

  • Valorisation du patrimoine
    • Collection « Marmande en poche » après Marmande la catholique et Marmande la médiévale c’est le Hors-série Marmande en plans + application Izi Travel
    • Exposition participative Coussan
    • Escape Game patrimonial L’Héritage des d’Auber
    • Ateliers mémoire avec l’unité Alzheimer
  • Médiathèque et accès au savoir
    • Ateliers Philosophie
    • Actions jeunesse
    • Médiation, bibliographies, débats
  • Conservatoire & éducation artistique
  • Théâtre & résidences artistiques

Une ville attentive à la sécurité et à la tranquillité, mais aussi à la prévention et au vivre-ensemble.

  • Police municipale – Brigade verte : actions en proximité
    • 1 500 interventions en 2025

Un service public plus proche, plus lisible et plus connecté.

  • Refonte du site internet (juin 2025)
  • Lancement de l’application Marmande & Moi
    • 1 414 téléchargements en 6 mois

L’animation et le commerce sont des piliers de l’attractivité et de la vitalité marmandaise. (Événementiel – Commerce – Centre-ville)

  • Animations grand public
    • Fête des fleurs et des saveurs
    • Mon Été à Marmande : +40 000 personnes
    • Animations de Noël : village féerique, patinoire, marché
  • Commerce et centre-ville
    • +16 ouvertures en 2025 et 8 à venir
    • Accompagnement des commerçants (ODP, manager de centre-ville)

Tout cela ne peut pas se réaliser sans une gestion stricte des finances, ce qui fût le cas encore en 2025. Cette gestion des finances subit les difficultés budgétaires de l’Etat qui prive les collectivités de recettes et impose des dépenses supplémentaires tous les ans. Ceci amène à s’interroger sur les relations Etat/collectivités locales, s’interroger sur notre République. Nous sommes je pense au bout d’un système et je veux élargir mon propos à ce sujet.

Nous le savons tous : les collectivités locales sont le coeur battant de l’action publique de proximité. C’est dans nos communes, nos départements, nos régions que se joue, au quotidien, la concrétisation des politiques publiques : l’école, la solidarité, les mobilités, l’aménagement, la transition écologique.

Et pourtant, jamais depuis plus de quarante ans, leur capacité à assumer pleinement ces missions n’a été aussi fragilisée.

Depuis le début des années 2010, les dotations de l’État aux collectivités ont connu une chute brutale. Entre 2014 et 2017, la Dotation globale de fonctionnement (DGF) a été réduite de près de 11 milliards d’euros, soit un recul historique de 30 % en quatre ans. Cette politique, amorcée au nom de la maîtrise de la dépense publique, a profondément déstructuré les budgets locaux.

Certes, la DGF a cessé de baisser depuis 2018, mais elle n’a jamais retrouvé son niveau d’avant-crise et, surtout, elle n’a pas été indexée sur l’inflation. Or, celle-ci — notamment depuis 2021 — a renchéri le coût des services publics locaux : énergie, alimentation scolaire, investissement public. Les charges explosent, mais les recettes stagnent.

Paradoxalement, alors même que les dotations se raréfient, l’État transfère ou impose de nouvelles charges aux collectivités.

Deux exemples récents :

  • La revalorisation du point d’indice de la fonction publique, décidée et financée partiellement par l’État, représente des millions d’euros supplémentaires pour les communes et départements.
  • Les réformes fiscales successives — d’abord la suppression de la taxe d’habitation, puis la refonte de la fiscalité locale — ont amputé les ressources propres des collectivités, remplaçant des recettes dynamiques et visibles par des compensations étatiques souvent incertaines.

En résumé : on réduit leurs recettes, on augmente leurs coûts, et on contrôle leur manière de dépenser. C’est là une contradiction majeure : on exige toujours plus des collectivités, mais on leur en donne toujours moins les moyens.

Cette situation traduit une défiance institutionnelle. L’État, en cherchant à centraliser les leviers budgétaires, manifeste une forme de méfiance vis-à-vis de la responsabilité des élus locaux. Le discours dominant depuis une décennie oppose la « vertu macroéconomique » de l’État à la supposée « dérive dépensière » des collectivités.

Or, les chiffres contredisent cette vision :

  • L’endettement des collectivités représente moins de 10 % de la dette publique totale ;
  • Leur épargne brute, bien que sous pression, reste structurellement positive ;
  • Et surtout, elles n’ont pas le droit de présenter un budget en déficit, obligation qui garantit leur rigueur budgétaire.

Cette réalité démontre que les collectivités locales ne sont pas le problème — elles sont, au contraire, une partie de la solution à la soutenabilité des finances publiques, grâce à leur gestion prudente et leur ancrage dans le réel.

Face à cette situation, il est temps de refonder la relation entre l’État et les collectivités locales. Il ne s’agit pas seulement de restaurer des dotations, mais de repenser le cadre global :

  • Rétablir une fiscalité locale réellement autonome, permettant à chaque territoire d’ajuster ses recettes à ses besoins ;
  • Garantir la prévisibilité et la sincérité des compensations de l’État ;
  • Adapter les règles de dépenses à la diversité des territoires, car une métropole et une commune rurale n’ont ni les mêmes réalités, ni les mêmes priorités ;
  • Et, surtout, renouer avec une culture de confiance plutôt que de contrôle.


Redonner aux collectivités les moyens de leurs missions, ce n’est pas une revendication corporatiste : c’est une condition impérieuse du bon fonctionnement de notre démocratie.

La République et son administration centrale doivent comprendre que ses communes sont la première ligne du service public.

Cette défiance de l’Etat vis-à-vis des collectivités locales et, disons le des élus locaux, elle est très ancienne. Elle est même historique ! On en trouve la trace chez les révolutionnaires de la première République : dans l’affrontement entre Jacobins et Girondins sur la vision de la République et de la France. Les Jacobins, centralisateurs, l’ont emporté et cette vision reste un fil rouge tout au long des siècles, aujourd’hui encore. Depuis les grandes lois Deferre sur la décentralisation en 1983 et malgré les lois suivantes, l’administration centrale de notre Pays n’a de cesse d’essayer de garder la direction des choses. Ainsi, lors des transferts de compétences, cette administration cherche toujours à garder le contrôle via le « nerf de la guerre », je parle bien sûr des financements. Nous avons pourtant une excellente administration, très bien formée, je pense même une des meilleures du monde. Mais elle n’arrive pas à se départir de cette méfiance envers les élus locaux. Le paroxysme de cette méfiance a été atteint en 2017, et se poursuit depuis, avec une verbalisation affirmée et assumée envers ces élus « politisés, dépensiers et manquant de vision moderne », je ne caricature même pas.

Je vois dans cette attitude, cette façon de penser une méconnaissance, une cécité de ce que sont les collectivités locales et particulièrement les communes, de la part de l’administration centrale.

Je souhaite donc simplement rappeler, de manière factuelle et institutionnelle, ce que recouvre l’administration quotidienne d’une commune : les responsabilités qui lui incombent, les principes de bonne gestion publique qui la guident et l’action conduite, jour après jour, dans l’intérêt général.
Cette action municipale ne repose jamais sur une seule personne. Elle est le fruit d’un engagement collectif, associant les élus, les agents municipaux et l’ensemble des partenaires institutionnels et locaux.

Une ville n’est pas seulement un territoire administratif ou un périmètre de compétences. Elle est un espace de vie partagé, un lieu où s’exerce au quotidien la citoyenneté, où se rencontrent des parcours, des générations et des attentes parfois différentes, mais unies par un même cadre commun.

La ville est aussi une organisation collective. Son administration, ses services, ses agents incarnent la continuité républicaine. Ils assurent, jour après jour, la mise en oeuvre des décisions publiques, l’accueil des habitants, la sécurité juridique et matérielle des actions menées. Cette administration locale constitue un repère de stabilité, de neutralité et de professionnalisme, au service de tous, sans distinction.

Dans un contexte de transformations profondes — sociales, économiques, environnementales, numériques — la ville est appelée à rester un lieu d’équilibre. Un espace capable de s’adapter sans renoncer à ses valeurs fondamentales : la proximité, la solidarité, l’égalité d’accès aux services publics et le respect des institutions.

Ces équilibres territoriaux se jouent également dans les questions de mobilité et d’accès aux services essentiels. Les évolutions des infrastructures de transport, notamment ferroviaires, modifient les relations entre les territoires et redessinent les bassins de vie. Pour les villes intermédiaires, l’enjeu est de rester pleinement connectées, accessibles et intégrées, afin que ces transformations ne se traduisent pas par un éloignement progressif des services et des opportunités. C’est le sens du combat que je mène pour la desserte de la gare de Marmande, en particulier les intercités. Merci monsieur le sénateur de m’épauler avec force dans cette bataille.

La desserte ferroviaire du quotidien, en particulier à travers les lignes et les arrêts TER, constitue à cet égard un élément structurant. Elle conditionne l’accès à l’emploi, à l’enseignement, mais aussi à des services essentiels, au premier rang desquels l’accès aux soins. Maintenir des liaisons efficaces, régulières et adaptées, c’est permettre aux habitants de se déplacer, de se soigner, de vivre pleinement leur citoyenneté.
La liberté se mesure aussi à la capacité à se déplacer.

Plus largement, la présence des services publics sur l’ensemble du territoire demeure un enjeu majeur de cohésion républicaine. Garantir leur accessibilité, leur continuité et leur proximité, c’est éviter que certains territoires ne se sentent éloignés, marginalisés ou tenus à distance de la République. C’est aussi affirmer que l’égalité ne se mesure pas uniquement en principes, mais dans la réalité concrète du quotidien.
L’avenir d’une ville ne se résume pas à des projets ou à des équipements. Il repose avant tout sur une méthode : le dialogue entre les institutions, la coopération entre les acteurs publics, associatifs et économiques, et la capacité à construire des réponses collectives, dans le respect des compétences et des responsabilités de chacun.

Mais une ville ne se résume pas à son administration, à ses budgets ou à ses services. Une ville, c’est un espace de vie partagé, un lieu de rencontres, de projets et de solidarités. C’est là que se tissent les liens entre les générations, que se transmettent une histoire et une identité, que s’inventent des réponses nouvelles aux défis de demain. Administrer une ville, ce n’est donc pas seulement gérer : c’est créer les conditions du vivre-ensemble, préserver ce qui nous rassemble et permettre à chacun d’y trouver sa place, aujourd’hui comme demain.

Je forme le voeu que les relations entre l’état et les collectivités soient refondées et que la République n’oublie pas ce que sont ses communes, telles que je viens de le décrire.

Enfin je voudrais conclure par des voeux adressés à nous tous. Nous souhaiter à nous, Marmandaises et Marmandais, une année à la hauteur des espoirs que nous pouvons et que nous devons porter ensemble pour notre ville, son avenir et sa place dans la République.

Meilleurs voeux et bonne année à tous !